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Notes d'allocution pour
monsieur André Caillé
Aprésident - directeur général d'Hydro-Québec
président élu Conseil mondial de l'énergie

Canadian Club of Montreal
Montréal, 23 février 2004

Seule la version lue fait foi

Mme la présidente du Cercle

Distingués invités

Mesdames, Messieurs

Je vous remercie en mon nom et en celui du Conseil mondial de l'énergie de votre invitation à cette tribune pour discuter du développement énergétique dans le monde.

Ça va faire un petit changement…De ce temps-ci, j'ai plus la tête à Bécancour et à Beauharnois qu'à tout autre endroit du monde….

Le Conseil mondial a célébré l'an dernier ses 80 ans d'existence.

Sa mission, celle de " promouvoir la fourniture et l'utilisation durables de l'énergie pour le plus grand bien de tous " est toujours aussi essentielle.

En effet, à une époque où nous recevons des photos couleurs de la planète Mars, près du tiers de l'humanité vit toujours sans accès à électricité. Et sans électricité le développement tant économique que social est compromis. La principale difficulté, c'est de trouver des modèles de développement qui permettent un approvisionnement convenable ,

  • à un coût raisonnable,
  • dans des conditions environnementales acceptables.

    Depuis 25 ans, il y a eu peu de progrès dans l'électrification des pays en développement. C'est peut-être que les tentatives se sont appuyées sur des modèles qui ne correspondent pas à la réalité de ces pays. The development model currently prevalent in the industrialized world is difficult to export to developing countries, which are faced with a different set of geographical, political and human realities. And yet, global energy demand is expected to rise by 55% over the next 25 years.

    To meet this demand, the World Energy Council promotes solutions that are adapted to the realities of countries and peoples rather than trying to make the realities fit the solutions.

    This is our opportunity to develop renewable sources such as biomass, wind power and hydropower, which by itself already accounts for 17% of world electricity generation. Cela étant dit, les filières plus classiques devront nécessairement être mises à contribution, si on veut assurer un approvisionnement énergétique pour tous les peuples qui ont le droit d'aspirer à la croissance économique.

    Il s'agit d'un incontournable.

    À l'heure actuelle, 40% de l'électricité mondiale est produite à partir du charbon,
  • 17% à partir du gaz naturel, je répète…au gaz naturel,
  • 17% à partir d'énergie nucléaire, ce qui pose avec acuité le problème de la gestion des résidus radioactifs,
  • 19% à partir d'énergie renouvelable,

    Lorsque l'on sait qu'il y a dans le monde des réserves de charbon pour les 250 prochaines années et que 40% de la production mondiale d'électricité est à base de charbon. Cela nous ramène directement aux questions reliées au développement énergétique durable.

    While working to develop renewables, power generating companies and nations will have to invest considerably in ways to limit emissions from fuel-fired plants. Carbon capture and sequestration could be a medium to long-term solution. Encouraging fact, in our own backyard, a Quebec city company has acquired technological expertise on this issue.

    Sustainable development is also making sure that the answers to energy problems have less impact on the environment, But also on economic and social aspects, because sustainable development includes the word… development Une autre solution déjà appliquée est l'utilisation du gaz naturel plutôt que celle du charbon ou du mazout pour produire de l'électricité.

    Cette idée fait d'ailleurs consensus au sein du monde de l'énergie. Plusieurs groupes environnementaux de chez nous partagent ce point de vue. Comme on le voit….On se rapproche… on se rapproche.

    Fait encourageant, selon des chiffres récents, des 43 000 MW de puissance qui se sont ajoutés aux Etats-Unis en 2003, 79 % proviennent du gaz naturel. (Hydro-Québec c'est 38 000 MW de puissance).

    Tous les pays industrialisés feront donc face à une croissance importante de la demande.

    Chez nous, répondre à la demande reste au cœur de la mission d'Hydro-Québec. Comment maintenir la vitalité économique d'une société sans un approvisionnement sécuritaire et fiable en électricité ? Toute notre structure économique en dépend. C'est l'une des facettes les plus exigeantes du métier de fournisseur d'énergie. Il suffit de se rappeler de l'impact chez nos voisins d'une panne générale de l'ampleur de celle du 14 août dernier pour s'en convaincre. Pour ma part, je suis dans le club de ceux qui croient que nous devons assurer notre sécurité énergétique. C'est d'ailleurs le sens de l'avis demandé par le gouvernement du Québec à la Régie de l'énergie. Sur notre autosuffisance énergétique, comme le dit si bien l'expression anglaise : Je me lève et je souhaite être compté… I do stand up and i want to be counted…

    Au Québec, on oublie trop souvent la chance que nous avons de compter sur une énergie renouvelable, l'hydroélectricité.

    Notre parc de production est hydroélectrique à plus de 95%. Nous avons également la chance de pouvoir compter sur un potentiel hydroélectrique intéressant et rentable: autour de 6000 MW. Notre priorité, c'est de le développer !

    Pourtant pendant quelques années, nous avons collectivement crû que nous n'avions pas à développer, du moins avant un bon bout de temps. Le boom des technologies et le taux de croissance de notre économie sont des réalités qui nous ont bien vite rattrapés. Les besoins sont là, maintenant. Et ils augmentent. Signe encourageant, la roue du développement hydroélectrique s'est remise à tourner. Mais les résultats ne se feront pas sentir avant la toute fin de la décennie. Compte tenu des délais relatifs à l'aménagement de projets hydroélectriques, l'utilisation ponctuelle du gaz naturel pour produire de l'électricité devient nécessaire. Si rien n'est fait, nous devrons de plus en plus dépendre des importations. Avec les risques que cela comporte : en 2002, les importations, dont l'Ontario avait vivement besoin, ont coûté 730 millions de $ à nos voisins. Pour une année seulement.

    Sans compter aussi les impacts environnementaux, compte tenu du type de filières de production utilisées chez nos voisins: Sur une base annuelle, le remplacement, par des importations, d'une quantité d'énergie semblable à celle d'une centrale comme le Suroît pourrait entraîner
  • des émissions de GES de 2 800 000 tonnes
  • des émissions de dioxyde de soufre de 11 700 tonnes et d'oxyde d'azote de 4 400 tonnes Ces questions, comme toutes celles relatives à la situation énergétique du Québec, seront évaluées par la Régie de l'énergie. Vendredi dernier, nous avons transmis nos réponses aux questions préliminaires de la Régie.

    Le niveau d'eau de nos réservoirs a notamment fait jaser.

    Hydro-Québec Production, au cours de la dernière année a fait face à un déficit d'hydraulicité important, 24 TWh pendant qu'Hydro-Québec Distribution devait répondre à une demande en hausse de 9 TWh. 9 TWh… L'équivalent de la demande résidentielle d'une ville dépassant le demi-million d'habitants.

    Malgré cela, les besoins du Québec ont été comblés, nos obligations à long terme respectées et notre patrimoine préservé.

    Sur la période 2004 - 2011, la priorité sera de reconstituer nos stocks énergétiques en respectant notre obligation de servir la clientèle québécoise. De plus, et on en a parlé au cours des derniers jours, j'ai la conviction qu'une évaluation rationnelle des projets de centrales au gaz naturel permettra de constater qu'ils demeurent avantageux pour Hydro-Québec, pour ses clients et pour la population du Québec.

    Sur cette question, je pense que nous devrions nous inspirer des leçons de l'électricité: Quand ça tire pas mal fort sur le réseau… on abaisse la tension… ça libère de la charge un peu! Certaines personnes ont allégué que la centrale du Suroît "polluerait" la région de Montréal. Cela a inquiété la population.

    Avec raison, puisque moi le premier je ne voudrais pas vivre dans un milieu pollué. Il faut se rappeler cependant que dans son rapport sur le Suroît, le Bureau d'audiences publiques aborde directement ces questions.

    Il mentionne:
  • que la centrale n'aura pas d'effet significatif sur la qualité de l'air et sur la santé de la population environnante
  • qu'elle ne contribuera pas à accroître de façon notable le smog à Montréal
  • et qu'elle entraînera des retombées économiques appréciables pour l'économie régionale

    Le BAPE a émis des réserves sur les émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de la mise en œuvre du Protocole de Kyoto. Cette question n'est pas à prendre à la légère.

    Il faut dire que le CO2 est un élément présent dans notre vie de tous les jours. Ceux d'entre vous qui se sont offerts une eau minérale ce midi viennent même de boire leur dose de gaz carbonique ! Hydro-Québec a appuyé dès le départ les initiatives de réduction des GES. Le protocole de Kyoto a été le déclencheur d'une prise de conscience mondiale. Même si l'avenir du protocole est incertain, le problème des GES lui, demeure.

    La recherche de solutions doit se faire de façon pragmatique, lucide et rigoureuse. Cela touche tous les continents… Les émissions ne sont pas très respectueuses des frontières. Il faut donc maintenir notre ouverture d'esprit et ne pas tenter d'imposer des solutions à courte vue.

    En étant pleinement conscient de l'immensité de la tâche que représente l'approvisionnement en énergie de pays qui dépassent le milliard d'habitants comme l'Inde ou la Chine.

    Ou de pays dont le niveau de développement actuel freine même la possibilité d'y développer des projets énergétiques qui seraient pourtant bénéfiques. J'entrevois donc avec grand intérêt mon mandat comme président du Conseil Mondial de l'énergie.

    Je me fixe deux grands objectifs d'ici 2010, soit jusqu'à la tenue du Congrès mondial à Montréal:
  • L'élaboration de solutions réelles pour diminuer les émissions de GES.
  • La mise en place de moyens efficaces pour gérer et stocker les résidus radioactifs des centrales nucléaires.

    Je réalise pleinement qu'en me confiant cette responsabilité, mes collègues de l'industrie ont voulu reconnaître la performance exceptionnelle d'Hydro-Québec comme producteur, transporteur et distributeur d'énergie.

    C'est une marque de confiance à l'égard de tous ceux et celles qui l'ont bâtie.

    Merci.

    Voir le document d'accompagnement



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